Le saviez-vous ?
Dans le panneau

© Photos R.A.N.
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Le visiteur passionné de beaux-arts ne manquera sous aucun prétexte deux pèlerinages essentiels en la cité de Colmar : celui du musée d’Unterlinden et celui de l’église des Dominicains. Or les travaux de rénovation du premier offrent une occasion extraordinaire de découvrir, sur le site du deuxième, des chefs-d’œuvre absolus de l’art rhénan aujourd’hui réunis.

 

Le retable d’Issenheim (voir notre reportage dans Alsace Tendance(s) n° 2) a déménagé chez sa voisine sise place des Dominicains. Ce qui a nécessité une logistique très complexe pour déplacer le retable monumental du divin Mathias Grünewald jusqu’au lieu où se trouve l’autre merveille picturale qu’est la Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer. Cette dernière, modèle achevé du naturalisme poétique cher à l’art alsacien du Moyen Age, est considérée par ailleurs comme un chef-d’œuvre de la peinture allemande. La technique employée, à la tempera sur panneau de bois, a donné naissance à une réalisation d’une délicatesse inouïe tout en équilibre et en harmonie.
La Vierge, vêtue d’une robe et d’un manteau rouges, porte l’Enfant-Jésus debout sur ses genoux alors qu’il agrippe ses cheveux, le visage tourné vers les fidèles. Les deux autres couleurs dominantes sont le vert du jardin céleste, contre lequel la Vierge est adossée, et l’or tendu comme un dais au-dessus de la composition.

Orfèvre et botaniste

Un nimbe coiffe la mère du Christ avec cette inscription portant les mots d’une rose : « Me Carpes Genito tu Quoque o Sanctissima Virgo » (Tu iras me cueillir toi aussi – pour ton fils – ô très Sainte Vierge). Dans le ciel doré du panneau planent deux anges portant une couronne fabuleuse.
L’artiste du 15e siècle, mort de la peste en 1491, avait ses admirateurs illustres. Des génies universels de la gravure et de la peinture tels que Albrecht Dürer et… Michel-Ange. L’œuvre de Schongauer se caractérise par une richesse et une précision exceptionnelles dans le traitement des détails où l’on retrouve à la fois la finesse de l’orfèvre et la méticulosité du botaniste. L’ensemble de l’œuvre est cernée par un cadre décoré d’anges musiciens, réalisé par Alfred Klem au début du 20e siècle. Il y a urgence à se rendre sur place. Pour en être ébloui.

Les oeuvres réunies de Matthias Grünewald et de Martin Schongauer seront visibles jusqu’en avril 2015.

Office de tourisme de Colmar

Tél : 03 89 20 68 92

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