Portraits croisés

Sur le parvis de la cathédrale, un public subjugué. © Photos Maxime Lenglet
Sur le parvis de la cathédrale, un public subjugué. © Photos Maxime Lenglet
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Retrouvez les portraits croisés de Luc Arbogast et de Matskat

Moony Guy

Luc Arbogast, le barde hypnotique

On ne se remet pas d’avoir entendu la voix de l’homme qui remua des années durant la foule serrée autour de lui sur le parvis de la cathédrale de Strasbourg. Les pavés s’en souviennent encore. Il y a urgence à raconter ce seigneur du chant médiéval.

© Photos Maxime Lenglet

© Photos Maxime Lenglet

Nous l’avons rencontré par hasard, un soir, alors que le couchant cajolait de sa palette flamboyante les tours de grès rose. Une voix montait de la place, cristalline, qui fendait le silence nocturne comme une pure lame de diamant. Un air venu de quelque cour de seigneur sacrifiant à l’amour courtois, entouré de damoiselles et de princes attentifs, faucon au poing. Nous nous sommes précipité vers le chant et, parvenu à la source de la douce et puissante voix, avons perdu la nôtre. La chanteuse à la voix ensorcelante était, en réalité, un chanteur. Qui nous dépassait de deux têtes, épaules larges, athlétiques, bras tatoué, port de guerrier sorti d’un roman de chevalerie.
Il jouait du bouzouki, assis sur une chaise curule, signe de noblesse dans l’ancien temps. A ses pieds, un coffre à l’ancienne débordant de pièces déversées par un public possédé.
Nous ne l’avons plus quitté de la nuit et nous sommes juré de parler de cette expérience, dans ce magazine.
Depuis, l’horloge astronomique de la cathédrale a sonné moult fois et le barde magnifique a fait parler de lui aussi bien en Alsace, où est né son père, qu’en Bretagne, où il devient une icône de la musique celtique. Son album Odysseus fait figure de classique et il a fait trois apparitions à  l’émission « The Voice » avant de connaître la consécration, disque de platine à la clé.

Marqué par la formation médiévale Xeremia, il avait fondé le groupe Angenon avec Toïvo Rolser, qui fit parler de lui pour ses compositions irlando-médiévales applaudies dans les salles combles des pubs strasbourgeois.

Aujourd’hui il se produit aux quatre coins de l’Europe, poursuivant sa légende, alors que sa voix suraiguë de contre-ténor continue de subjuguer.

Entre terre et ciel
Voix grave pour la matière, voix aiguë pour l’esprit, le chant de Luc Arbogast raconte plus d’une aventure entre deux mondes. Cracheur de feu, mannequin, body piercer… l’homme a vécu plusieurs vies tout en se forgeant un de ces destins que l’on imagine peu dans un siècle voué à l’uniformité.

Pour suivre Luc, urbi et orbi


Sunny Boy

Don’t worry avec Matskat

Le blondinet surdoué alsacien, as du violon, jazzman déluré, virtuose rock-pop, à la polyvalence ahurissante, prend définitivement ses marques dans le paysage musical français. Matskat, c’est un arc avec une quantité de cordes (vocales) qu’on n’a pas fini de dénombrer.

© Paola Guigou

© Paola Guigou

Il démarre au conservatoire avec le violon classique, se lance dans le jazz, s’éclate dans la discipline version manouche et se perfectionne chez le charismatique Didier Lockwood, grand manitou du violon jazzy made in France. Dans la région, figure incontournable de la Revue Scoute, de l’Orchestre des Jeunes de Strasbourg ou de la Choucrouterie, il se produit aussi régulièrement en concert, accompagné de sa dream team de musiciens avec comme figure de proue Michel-Yves Kochman, guitariste d’Alain Souchon. Ou bien seul en préambule (sideman) d’apparitions prestigieuses comme celles d’Olivia Ruiz ou de Stéphane Eicher.
Prestations en live sur la scène de l’Illiade, à Illkirch-Graffenstaden, ou au festival de Basse Zorn, création pour le festival Summerlied, il n’a de cesse de creuser son sillon sur la platine du perfectionnisme. Jusqu’à ce que ses pas le mènent sur le plateau de « The Voice » à TF1. Les places y sont chèrement acquises, la compétition est serrée.

Mais le petit génie tient un atout qui va faire son effet. Le souvenir du légendaire Bobby Mc Ferrin, interprète du tube Don’t Worry, Be Happy qu’il a accompagné, en duo, de manière totalement improvisée, lors d’un concert du maître à Baden-Baden. Matskat reprend le même tube, accompagné de son violon qu’il manie comme un ukulélé, et le chante à sa façon, sur le mode top délire électrifiant devant un parterre médusé. Le coach Louis Bertignac tombe raide sous le charme et le supplie de rejoindre son équipe. S’ensuit une visibilité cathodique qui le projettera au-devant de la scène médiatique.
Depuis, la jeune star continue à cultiver son jardin en préparant l’éclosion prochaine d’un album attendu avec dévotion par tous ses fans.

Un touche-à-tout accompagné par une dream team. © Patrick Kupferschlaeger

Un touche-à-tout accompagné par une dream team. © Patrick Kupferschlaeger

Pourquoi Matskat ?
Parce que reprise de la première syllabe de « Mat-hias » couplée à « skat » comme « scat » désignant les onomatopées dont jouent les chanteurs de jazz et dont Mathias raffole : « bee doo bap whap bap beedoo…! »

Pour découvrir ses prochains concerts :


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