Deux merveilles baroques insoupçonnées

Le maître-autel de la basilique surmonté
d’une Assomption de la Vierge © Photo R.A.N.
Le maître-autel de la basilique surmonté d’une Assomption de la Vierge © Photo R.A.N.
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Thierenbach côté Haut-Rhin, Saint-Maurice côté Bas-Rhin, voici deux bijoux d’architecture religieuse installés, chacun dans son département, comme des ovnis au pays des églises romanes et gothiques. Du très grand art.

A Jungholtz, entre Colmar et Mulhouse, la basilique de Thierenbach, coiffée de son clocher néo-baroque à bulbe, abrite 3 siècles de témoignages des habitants de Haute-Alsace. Des vestiges gravés en mots et en images sur des centaines d’ex-votos dédiés à la Vierge de Compassion. Une manifestation de la Providence ayant, par ses multiples miracles, épargné, guéri, libéré les générations de pèlerins qui ont apposé tant de plaques reconnaissantes sur les murs du sanctuaire.
Dressé à 355 m. d’altitude, l’édifice est dépositaire d’une croyance dont l’origine remonte au 13e siècle quand un jeune homme de Soultz guérit, grâce à la bienveillance de la Vierge, d’une maladie incurable. Le site devient alors un haut-lieu de pèlerinage marial au point d’être élevé par le pape Pie XI, en 1936, au rang de basilique mineure.
Entre-temps l’architecture de l’église évolue, à travers incendies, pillages, guerres et intempéries. Jusqu’à adopter définitivement sa physionomie actuelle, recherchée mais relativement sobre comparée aux extravagances des églises baroques autrichiennes ou bavaroises. La restauration de l’intérieur, tout en finesse et préciosité, est l’œuvre de Louis Wiederkehr, peintre de Soultz ayant sublimé la basilique « vas admirabile opus excelsi », vase admirable du Très-Haut.

Informations

Tél : 03 89 76 95 66

Saint-Maurice, perle du Ried

Véritable bijou baroque alémanique représentant le style du Vorarlberg, l’abbatiale édifiée à Ebersmunster, à 40 km au sud de Strasbourg, pourrait bien passer pour une réalisation unique en son genre à l’échelle de la France entière. Un éblouissement.

Des peintures somptueuses baignant dans une généreuse luminosité. © Photo R.A.N

Des peintures somptueuses
baignant dans une généreuse luminosité. © Photo R.A.N

De loin se dessinent les silhouettes de ses trois tours annonçant le ravissement escompté par un public de vrais connaisseurs. A l’approche de la façade, vous êtes salué par la statue en pied de Saint Maurice, vêtu en légionnaire et perché au centre du frontispice.
L’œuvre magistrale de l’Autrichien Peter Thumb capte le regard, à peine a-t-on pénétré à l’intérieur de la nef baignant dans une dispendieuse luminosité. Le baroque allemand des années 1720 s’exprime à travers les peintures somptueuses décorant plafonds et voûtes. Saint Maurice, patron de l’église, et saint Benoît, patron de l’ordre monastique, sont racontés le long d’un axe zénithal qui aboutit à l’orgue monumental daté de 1732. Le premier, enrôlé dans la légion romaine, fut décapité pour avoir refusé de se soumettre aux idoles. Du second, on découvrira la rencontre avec le roi des Goths, Totila, tandis qu’un corbeau emporte un morceau de pain trempé dans du poison destiné au saint. Un panorama vertigineux auquel ne manquent plus que les notes d’une fugue de Bach qui descendraient en cataractes depuis l’orgue survolé par les anges musiciens.

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Tél : 03 88 85 71 66


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Une certaine fraternité

Plus d’un air de famille rapproche les deux merveilles baroques situées à Jungholtz et à Ebersmunster. Trois clins d’œil.

Thierenbach :
- Maître autel immaculé avec Assomption de la Vierge
- Orgue monumental Didier Fischer & Krämer de 1923
- Samson du 18e siècle, offert par le curé Rieden de Soultz

Saint-Maurice :
- Maître-autel surmonté d’une immense couronne
- Somptueux orgue de 1732 signé par le maître Andrea Silbermann
- Samson au lion soutenant la chaire de la nef centrale

Focus

Un torrent d'ex-votos - Basilique de Thierenbach

ex-voto On ne les compte plus, les miracles de la Vierge qui apportent soulagement et délivrance attestés par les formules de reconnaissance décorant les tableaux qui tapissent la nef de l’église. Au-delà des manifestations de foi et des actes pieux, cette « collection » d’art populaire représente un témoignage troublant du quotidien des habitants. A parcourir ces œuvres à l’expression à la fois naïve et d’une grande sincérité, le visiteur se voit transporter à travers 300 ans d’imagerie issue de l’Alsace profonde.