L’enfant terrible du dessin a son musée

Sans titre (autoportrait),
crayon et encres de couleur.
Sans titre (autoportrait), crayon et encres de couleur.
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A 82 ans, le plus célèbre des dessinateurs alsaciens laisse derrière lui une œuvre graphique monumentale avec comme maître-mot l’engagement permanent. Le musée qui porte son nom ouvre une lucarne sur ce parcours incandescent.

L’artiste qui a fait don à Strasbourg, sa ville natale, d’un fonds de 11 000 dessins, révèle à travers cette galaxie picturale les multiples facettes d’une personnalité qui n’a eu de cesse de se frotter au monde, de l’interroger et de l’affronter au besoin par une virulence humoristique propre à son style. Une signature. Rebelle à l’institution, il fait très tôt parler de lui, et ce dès le passage du bac où… il échoue. Son proviseur trace alors de lui dans une note un profil augurant du parcours du libertaire en devenir : « D’une originalité voulue, perverse et subversive ». Ne croyant pas si bien dire, l’administratif esquissait déjà, à son corps défendant, une critique élogieuse du créatif Tomi Ungerer, prêt à s’élancer en stop vers la Laponie, puis, plus tard, à s’engager en Algérie. Le monde est son carnet de croquis.

Un maître de l’irrévérence

Succulomamma spinosa, reproduction offset.

Succulomamma
spinosa, offset.

Les visiteurs du musée peuvent ainsi revivre à vif les pérégrinations de cet illustre héritier de l’oncle Hansi. En effet, les deux révoltés partagent plus d’un trait de caractère. L’obsession à donner la voix aux enfants, la ténacité à traduire celle des sans-grades, des démunis subissant toutes les formes de contraintes sociales et politiques, le détournement de l’affiche et de la publicité à des fins humanitaires…
Hansi doit doucement rire dans sa tombe face aux coups de boutoir plastiques infligés par son compère strasbourgeois, plus connu d’ailleurs, semble-t-il, à l’étranger que dans son propre pays.

Deux expositions ont braqué récemment les feux de l’actualité sur le maître de l’irrévérence. « Femmes Fatales », close en juin 2014, et « Anatomies », qui prendra fin en octobre de cette même année. Drolatiques, corrosives, impertinentes… Que du bonheur made in Ungerer !

Musée Tomi Ungerer

Tél : 03 69 06 37 27

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