Buren s’installe au MAMCS

Daniel Buren, une installation « in situ » sur 600 m2. © Photos R.A.N.
Daniel Buren, une installation « in situ » sur 600 m2.
© Photos R.A.N.
A-  |  A+
Accès au contenu enrichi :Vidéo
Elevé au bord de l’Ill, à deux pas du barrage Vauban et de la pittoresque Petite France, le musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg vient d’accueillir quelques expositions qui feront date en matière d’innovation plastique et picturale.

 

 

Pour Daniel Buren, auteur des fameuses colonnes rayées de la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris, le musée strasbourgeois sera un nouveau champ d’expérimentation de sa démarche artistique. Celle-ci s’exprime d’abord sur les 15 000 m2 de la façade vitrée sous forme d’un vaste damier coloré. La physionomie des murs en verre installés par l’architecte Adrien Fainsilber adopte ainsi des colorations inédites variant selon l’humeur de la météo. La lumière, le soleil, les nuages, la pluie, autant de manifestations atmosphériques qui pour l’artiste marquent une œuvre. Ce dernier de conclure : « C’est la comparaison des effets, les uns par rapport aux autres, qui finalement fait la création ». Pour Buren, c’est aussi là une des clés de sa démarche, qui veut que l’œuvre s’adapte au lieu qui l’accueille.

Le concept plutôt que la forme

Jean Arp, Cravates et tête, bois peint à l’huile. © Photos R.A.N.

Jean Arp, Cravates et tête,
bois peint à l’huile. © Photos R.A.N.

Une démarche qui tient en deux mots : in situ. L’exposition est envisagée comme un jeu d’enfant avec « compréhension de l’existant et affirmation d’une proposition sculpturale ». Après avoir défilé au pied des façades teintées, on découvre l’autre réalisation sous forme d’une installation occupant sur 600 m2 toute une salle d’exposition temporaire. Une des œuvres les plus ludiques de sa carrière pour Daniel Buren, soucieux d’entretenir des « rapports constants et journaliers avec l’architecture ». Dont acte.

On retiendra aussi ces mots ayant valeur de credo artistique : « La beauté d’une œuvre a plus à voir avec son concept qu’avec son esthétique ou le résultat formel ». Et l’on prendra le temps de s’interroger sur l’ensemble de ce système matérialisé par des œuvres créées spécifiquement pour le MAMCS.

Exposition Comme un jeu d’enfant. Travaux in situ.
Jusqu’au 4 janvier 2015.

La statue de la Liberté, Colles et chimères, épreuve photographique

La statue de la Liberté, Colles et chimères, épreuve photographique

PBMG par l’objectif

Issue d’un courant de photographes expérimentateurs, l’œuvre de Patrick Bailly-Maître-Grand s’inscrit depuis les années 1980 dans une « démarche réflexive sur l’histoire et la technique du médium ». La rétrospective « Colles et chimères » présentée au MAMCS est considérée comme un moyen d’aborder de manière exhaustive la diversité de sa pratique. Les thématiques présentées abordent l’étrange, voire le surréel, à travers des photographies qui métamorphosent des objets du quotidien ou bien ceux glanés dans des brocantes. L’aléatoire, l’insolite, l’humour font partie de l’œuvre imprégnée par une réflexion sur le passage du temps. La rétrospective, traitant de 15 sujets déterminés par l’artiste, comportent aussi bien des œuvres issues de donations que des séries complétant son regard sur une carrière trentenaire de photographe. PBMG fabrique des « machines à distraire », démarche relevant tout autant du « bricolage » que d’une « esthétique raffinée ».

Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg

Informations

Tél : 03 88 23 31 31

Vidéo


Focus

D’Alsace et d’ailleurs

Il est peu de musées français dédiés à l’art moderne couvrant une tranche chronologique aussi vaste que le MAMCS, ce dernier embrassant toute la période qui va de 1870 à nos jours. Les différentes écoles sont déclinées, depuis l’impressionnisme jusqu’aux tendances récentes liées à la photographie en passant par le cubisme, le primitivisme ou le fauvisme. Braque, Monet, Signac côté précurseurs, Jean-Hans Arp côté enfant du pays, et une palette d’artistes dignement représentés, tel Victor Brauner, contribuent à la renommée du musée. Sans oublier le Strasbourgeois Gustave Doré, dont le chef d’œuvre, le Christ quittant le prétoire, reste la pièce maîtresse des lieux.